CAPMA :Tableaux et carnets de voyage

CAPMA

C’est par le biais des cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Rouen que CAPMA s’initia à la pratique de la peinture. Il y a une dizaine d’années, les conseils que lui prodiguèrent  Jean-Pierre Bourquin et Guy Chaplain l’encouragèrent à se lancer dans une démarche personnelle. Bien que tardive, cette formation ne l’empêcha nullement de tenter, à son tour, l’aventure de la création. Par la suite, c’est auprès de François Priser, peintre et pédagogue distingué, qu’elle ressentit le besoin d’enrichir sa technique en s’inscrivant à l’atelier qu’il anime à Duclair. « Chacun de ces artistes m’a appris quelque chose de particulier» commente Capma, consciente de ce qu’elle doit au talent de ses professeurs successifs. En matière d’art, l’émulation naît le plus souvent de l’admiration. C’est  dire combien le choix d’un « maître » est essentiel, pour ne pas dire rédhibitoire. Mais avec les conseils d’un guide, pas question de piétiner ou de lambiner en chemin. 
Stimulée par son entourage, Capma a peu à peu conquis une certaine liberté, sans jamais renoncer à apprendre. Les thèmes qu’elle aborde associent personnages, paysages et motifs architecturaux. La peinture acrylique, dont le séchage s’avère infiniment plus rapide que l’huile, correspond assez bien au tempérament de Capma. «Il m’arrive de partir d’une idée concrète pour aboutir, en cours de route, à tout autre chose, explique-t-elle. Cela ne me gêne nullement, bien au contraire…» C’est un peu comme si la peinture finissait par indiquer sa voie au peintre, à lui ouvrir une fenêtre inattendue sur l’inconnu, lui procurant des sensations qu’elle n’avait pas envisagées au moment de l’idée de départ.
Montrant une prédilection pour le format carré, Capma s’efforce ainsi d’éviter toute monotonie. Sa palette affiche une certaine audace, affichant une prédilection pour les tons chauds, les couleurs vives. Il semble qu’elle s’accomplisse pleinement dans la stylisation des formes et un certain dépouillement, dans la saisie instantanée d’un mouvement, d’un dialogue spontané entres deux personnages, pour prendre un exemple illustré. Outre ses toiles, ses carnets de voyage et ses divers livres d’artiste sont porteurs de belles perspectives car nourris de visions fugitives et de données imaginaires. Nous en avons, page après page, parcouru quelques-uns au point d’y entrevoir une voie tout aussi pertinente que son travail de chevalet. Nul doute que Capma ne doit en rien renoncer à cet aspect de son travail.
Luis PORQUET